L'actu des Psys

BILLET D'HUMEUR

Comment la pandémie a fait bouger nos lignes intérieures

Covid-19, confinement, distanciation sociale, gestes « barrière »… Avec cette terrible pandémie, nous avons fait face, en plus de l’inquiétude sanitaire, à de grands bouleversements dans nos vies quotidiennes. Pour beaucoup d’entre nous, cela a bien sûr pu créer de l’anxiété dans notre rapport à l’autre, au monde, à l’avenir. Mais pas seulement… Car en nous confrontant à nos contraintes existentielles, cela a aussi bougé nos lignes intérieures, mis en lumière ce qui nous était essentiel, et ce qui l’était peut être moins.

La première question existentielle à laquelle nous avons été exposés est bien sûr celle de notre finitude. Oui, nous le savions, nous sommes mortels. Nous étions au courant depuis quelque temps déjà. Mais jamais personne ne nous l’avait répété avec autant d’insistance que ces deux derniers mois, de flashs info en annonces dans les magasins, les transports en commun, même sur les panneaux autoroutiers ! Ces rappels quotidiens à notre condition humaine peuvent certes être vécus comme angoissants, déprimants, voire désespérants. Au premier abord, rien de réjouissant à savoir que notre temps est compté... Mieux vaudrait ne pas trop y penser, n’est-ce pas ? Pourtant, paradoxalement, cette conscience accrue de notre finitude n’est pas qu’une mauvaise nouvelle. Parce que nous réalisons justement la fragilité de la vie, sa brièveté, son caractère précieux, vient l’envie de l’aimer, de l’embrasser davantage, d’en profiter au maximum. Comme si nous découvrions tout à coup que la vie c’est maintenant et pas quand on sera mort.

Dans le sillage de la contrainte de finitude, viennent deux autres grandes questions existentielles : celles du sens de la vie et de la responsabilité. Sachant que nous sommes mortels, quel sens donnons-nous à notre vie ? Comment habitons-nous notre existence ? Nous voici ainsi confrontés, non seulement à notre responsabilité de nous saisir de notre vie aujourd’hui, à oser exister pleinement, mais aussi à regarder nos empêchements à ne pas l’avoir fait avant. Avons-nous été empêtrés dans des loyautés familiales, embarrassés par des peurs, par l’image que nous nous faisons de ce que devrait être une femme, un homme, un couple, une famille ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Certains d’entre nous ont ainsi traversé de profonds questionnements existentiels. Parfois avec angoisse, souffrance ou accablement. Parfois avec plus tranquillité, de plaisir, voire de l’enthousiasme. Avec l’impression qu’il était temps d’identifier ce qui leur était essentiel. Et qu’il était de leur responsabilité, de notre responsabilité, aujourd’hui, de ne plus passer à côté de la vie. De notre vie. Nous sommes mortels, certes, mais pour le moment, nous sommes vivants.

2/6/2020
Cécile Guéret
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Et après le déconfinement ?

La crise sanitaire dans laquelle nous avons été plongés, a été pour certains éprouvante et a remis en question beaucoup d’évidences sur le plan professionnel. Soit parce que le malaise était déjà présent et n’a fait que s’accentuer en télétravail (les injonctions paradoxales du manager sont devenues insupportables, le peu de soutien entre collègues ou le dénigrement se sont amplifiés ...) En visio, tous ces aspects apparaissent de façon exacerbée…  et il n’y a plus les sas de transition comme les quelques échanges off qui faisaient du bien et qui permettaient de tenir.

Autres cas de figure, à l’occasion du confinement, on a pris le temps de s’évader, de lire, d’écrire, de recréer un cocon familial, de se retrouver dans son couple et on n’a pas envie de quitter cette bulle. Pour d’autres encore, le confinement a été un grand moment d’épreuves (décès, maladie, violence) qu’il a fallu traverser très seul avec un niveau d’angoisse souvent élevé. Enfin, comme un rendez-vous avec soi-même, ce confinement a été un temps d’introspection où nos envies, nos choix ont été requestionnés.
Nous ne sortons pas indemnes de ce confinement. Profitons-en pour poursuivre cette réflexion intérieure et choisir enfin ce que nous voulons vraiment. Une communauté de psys vous attend sur Voirmonpsy.fr pour vous accompagner

27/5/2020
Ghislaine Chuche
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A propos d’insécurité…

Un des effets de la pandémie et du confinement est, me semble-t-il, de faire apparaître de l’insécurité. Plusieurs niveaux d’insécurité co-existent. Certains sont pragmatiques, comme :

  • L’insécurité sanitaire, avec la crainte que le virus nous touche personnellement
  • L’insécurité financière, avec la crainte des pertes économiques liées à la pandémie

Mais il y a également une incertitude plus diffuse, le monde tel que nous le connaissions s’est arrêté et nul ne peut dire à quoi ressemblera demain. Quelle empreinte laissera cette pandémie dans nos quotidiens ? La vie est incertaine, elle l’a toujours été, mais cette incertitude est soudain plus palpable, plus à l’avant plan.

Et tel un jeune enfant, une part de nous peut avoir envie d’être protégée, peut-être par un parent symbolique. J’entends certains critiquer le gouvernement et ses erreurs, comme s’il était ce parent protecteur mais défaillant…

Si l’incertitude vous insécurise, un accompagnement thérapeutique peut être salutaire. Nous sommes là pour vous aider, restez chez vous mais ne restez pas seul.e.s.

21/4/2020
Sonia Weyers
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Le temps du confinement, faire émerger le positif

Nous traversons une période de confinement qui fait vivre des choses difficiles, mais n’y a-t-il pas d’autres aspects plus positifs à tirer de cette situation ?

En effet, cette période sans précédent nous met face à la limitation de notre liberté de mouvements et se faisant peut aussi stimuler notre créativité et notre liberté intérieure.

Dans mon accompagnement, je suis régulièrement surprise d’entendre des propos inédits qui n’auraient pas pu émerger en temps habituel.

Les sujets sont nombreux et variés mais ils sont similaires dans leur finalité ; se reconnecter avec soi-même avec des choses simples, s’affranchir du regard convenu des autres et de la société, prendre le temps, se laisser aller dans sa simplicité sans artifices et en gouter le plaisir.

En voici quelques extraits,

  • S’autoriser à vivre son corps au naturel ; plusieurs clientes me partagent leur bien être à moins se maquiller, laisser leurs cheveux dans leur couleur d’origine, ne plus avoir besoin de s’épiler,
  • Profiter de ce temps de retrait pour se perfectionner dans une langue ou dans une matière qui leur tient à cœur,
  • Vivre à un rythme moins trépidant avec moins de sorties, de fêtes et d’achats,
  • Redécouvrir les bienfaits de la nature à l’occasion du choix du lieu de confinement à la campagne

Je souhaite à chacun de pouvoir se connecter avec les dimensions improbables à première vue de ce qui nous est donné à vivre et d’en tirer le meilleur.

Comme le dit Sénèque “La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.”

Dans son sillage, à ma manière, je m’attache à faire émerger, autant que possible, le positif de situations vécues comme insolubles.

19/4/2020
Emmanuelle Lecomte
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Polémique ultra-médiatisée, comment ne pas s’y perdre ?

Dans les médias nous voyons actuellement fleurir de nombreuses polémiques qui soulèvent de très vives réactions souvent fortement teintées d’émotionnel : Chloroquine, masques, durée du confinement,  …

Alors faut-il se plonger dans ces débats au risque de nourrir en soi toutes sortes de réactions telles que colère, dégout, frustration, sentiment d’être trompé, impuissance… ou rester à l’écart au risque d’être ignorant des intérêts sous-jacents à ces débats ?  

Au-delà des polémiques actuelles, cela questionne sur l'information et les tentatives d'influence de la population.
Dans notre monde hyper communicant, il est souvent difficile de séparer le vrai du faux. Le sérieux de l'intox.

Démêler les informations contradictoires est un sujet qui me touche particulièrement.

Nous sommes amenés, dans la pratique de la psychothérapie, à déplier des situations dans lesquelles nos patients vivent le paradoxe de l’indispensable et l’insupportable : exemple Aller vers l’autre est nécessaire à notre épanouissement social mais peut se révéler insupportable suite à des expériences répétées de rejet ou d’abandon.

S’il m’est particulièrement ardu de faire le tri parmi les informations de la presse, il est par contre faisable d’aider mes patients à harmoniser leurs conflits intérieurs.

19/4/2020
Xavier Frances
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Deuil et confinement

Le chanteur des « « mots bleus nous a quitté, tout doucement, loin de ses proches qui n’ont pas pu l’accompagner dans ses derniers instants. Les funérailles auront lieu loin de la foule des fans. Pas de grand-messe, comme la disparition des chanteurs, comédiens, acteurs, nous en donne souvent l’occasion.

Combien sont-ils aujourd’hui tous ces anonymes, en ce temps de confinement, à partir ainsi seuls, loin de ceux qu’ils aiment et qui les aiment ? Nombreux ! Et nombreux sont ceux qui vivent une double injustice.  La perte de l’Autre est toujours une injustice et il est injuste que ce départ se fasse ainsi presque « en catimini ». A la douleur de la perte, au chagrin, s’ajoute la culpabilité de ne pouvoir être là pour les derniers instants, de peut être avoir le sentiment de ne pas avoir tout fait pour trouver une solution face à cet interdit opposé pour cause de risque de contamination, et peut être aussi ressentir le sentiment d’abandonner son parent, son frère, sa sœur, son enfant. Ce moment d’impuissance qui accompagne tout deuil est alors exacerbé. Le désarroi devant cet événement incommensurable est terrible.

Alors, ne restez pas seul avec votre désarroi, faites-vous aider.

18/4/2020
Laurence Devillard
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Vers un monde nouveau

En cette période de confinement, beaucoup de nos repères, habitudes, certitudes sont bousculés. C’est un temps de crise ou le fonctionnement du passé n’est plus ajusté et les perspectives d’avenir encore inconnues. Nous sommes entre deux mondes, nous efforçant de vivre au mieux ce temps ici et maintenant avec ce qui est présent. Pour certains, cela s’avère une libération et une période de repos et d’apaisement, pour d’autres c’est le réveil de souffrances d’abandon, de solitude, ou bien un vécu de violences ou de pertes d’emplois, pour d’autres encore c’est un combat pour préserver des vies au quotidien.

C’est un temps qui demande beaucoup de courage et d’ajustements pour vivre  une réalité imposée par les circonstances. Comment se tenir dans ce déséquilibre qui nous porte vers une nouvelle vie pas encore dessinée et devoir renoncer à ce qui n’a plus lieu d’être. Certains le vivent seuls ou avec leurs amis, en couple, ou en famille. D’autres trouvent de l’aide dans le culturel, le sport, la créativité,  la psychothérapie. Qu’importe, pourvu que nous trouvions la force de mettre en œuvre un nouveau monde intérieur et extérieur, à l’image de nos rêves.

18/4/2020
Martine Périou
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Tolérer l'angoisse

Avec le confinement qui s’allonge, il devient de plus en plus difficile de prendre sur soi, de faire semblant. Plus d’échappatoire possible, nous nous sentons coincés, pris au piège, et les tensions augmentent. Nous avons tous à apprendre à tolérer l’angoisse qui monte, cet insupportable que cette situation nous fait vivre, adultes, ados, enfants, couples. Tolérer c’est parvenir à la traverser, à la partager, à la vivre avec et en présence de l’autre. Sinon, c’est la violence qui apparaît: violence à l’autre, violence envers nous-mêmes. Les cris, les pleurs, le désespoir, autant d’informations qui témoignent de notre mal être et de notre difficulté à se dire. Apprendre à mettre des mots, à se dire tels sont les enjeux particulièrement importants en cette période. Échangez avec vos proches (famille, amis, collègues) ou des professionnels de Voirmonpsy pour aider chacun à vivre ensemble et se découvrir autrement. Prenez bien soi de vous.

16/4/2020
Ghislaine Chuche
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Les services de télé-thérapie mis à disposition grâce à Voirmonpsy sont fournis par des psychologues agréés et thérapeutes certifiés. Ces professionnels fournissent des services via la plate-forme de télépsychologie de Voirmonpsy. Voirmonpsy ne fournit pas elle-même de services de santé.

 Voirmonpsy n’est pas pour vous si :

Vous êtes mineur     
Vous êtes en état de crise aiguë, en particulier de crise suicidaire, de dissociation ou de psychose aiguë.    
Une thérapie judiciaire a été demandée  

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